Un Ange pour l'Enfer

Le jugement était tombé.
- Pour avoir échoué à ta mission tu seras condamné à vivre avec les Hommes. Et ceci le temps qu'il te faudra pour comprendre la raison de ta création. Tu devras accomplir le plus d'actes bienveillants possibles. Tu ne devras nullement céder aux péchés des humains ou le temps de ta condamnation accroitra.
Voila qu'elles avaient été les paroles de Dieu à l'encontre de Simon au retour de sa mission. Simon reçu la sentence avec affliction. Il était un Ange fraichement créé par Dieu et déjà il était banni du Paradis. Il ne comprenait pas les humains. Leur façon de créé et de détruire. Simon pensait vainement que la sentence était sévère. « Après tout si les Hommes voulaient s'entre tuer qu'ils le fassent. Pourquoi Dieu essayait-il de les en empêcher ? qu'il les laisse au lieu d'envoyer des Anges en veux tu en voilà un peu partout pour arranger ou du moins essayer d'arranger tout cela », pensa Simon.
Le condamné n'eu même pas le temps de prononcer un mot pour sa défense qu'il était déjà en chute libre. Il essaya d'arrêter sa chute à l'aide de ses ailes mais elles se détachèrent de son dos dans une déchirure horriblement douloureuse. Après un temps infini Simon atterrit dans un container à ordure. Il regarda autour de lui. Tout lui sembla différent que lors de sa précédente venue. Les voitures n'étaient pas les même, les tenues vestimentaires des gens non plus.
- Excusez moi, en quelle année suis-je tombé ? demanda-t-il à une passante.
La femme lui rit au nez avant de tracer son chemin.
La notion du temps au Paradis n'était pas la même que sur Terre.
- Eh ! jolie ta robe mon biquet, se moqua un jeune en le bousculant.
Simon était vêtu d'une robe blanche en accord avec sa beauté androgyne insultante mais pas du tout avec ce qui l'entourait.
- En quelle année sommes nous ? essaya-t-il de nouveau.
Mais le jeune ne prêta pas attention à sa question. Il appela ses amis qui accoururent aussitôt.
- Et ben mon gars c'est pas le carnaval, dit un grand costaud en le bousculant.
Ses cinq acolytes se mirent à rire. Simon fut bousculé dans tous les sens. Il était totalement déboussolé.
- S'il vous plait auriez vous l'obligeance de me dire en quelle année je me trouve ?
Toujours aucune réponse de la part des agresseurs mais des moqueries et des insultes que Simon ne comprenait pas pour la plupart.
- A quoi est-ce que vous jouez ? demanda une voix féminine.
Les agresseurs se regardèrent brièvement avant de s'enfuir en courant.
- Quelle bande de voyous, dit la jeune femme. Il faut leur pardonner. Ces six jeunes là sont un peu difficiles à gérer. Ils refusent de venir au centre. Je m'appelle Loan Bruge. J'aide au centre pour les jeunes. Par contre toi je ne t'ai jamais vu. Tu es nouveau dans le quartier ?
- En quelque sorte, dit Simon avec difficulté.
Il avait la tête qui tournait.
- En quelle année je me trouve ? demanda-t-il en titubant.
- Tu es sûr que ça va ? demanda Loan. Tu as vraiment une sale mine.
- Je vous en pris dites moi simplement en quelle année je me trouve, persista Simon.
- En l'an deux milles huit voyons, dit Loan.
- La guerre est-elle finie ?
- Mais enfin quelle guerre ?
- La seconde guerre mondiale.
- Depuis belle lurette. Tu es sûr que ça va ? je ferais bien de te raccompagner chez toi. Je pense que tu as besoin de sommeil. Où habites tu ?
- Au Paradis.
- Au paradis ? je ne connais pas cet endroit.
- Pas étonnant la plupart d'entre vous pourrissent en Enfer, dit Simon avec amertume.
Loan ne parut pas le moins du monde choquée. Elle parut au contraire amusée.
- Bon où est-ce que je te dépose ? tu as bien un chez toi ?!
- J'ai été banni de chez moi.
- Tes parents t'ont chassés ? quel âge as-tu ?
- Je n'en sais trop rien. La notion du temps m'est floue.
Loan secoua la tête en signe d'incompréhension.
- Comment t'appelles tu ?
- Simon.
- Simon comment ?
- Simon.
- Tu as bien un nom de famille ?!
- Non.
Loan réfléchit un instant.
- Je ferais bien de t'accompagner au centre. Viens.
Loan voulut le prendre par le bras mais Simon se dégagea brusquement. La seule et unique fois où un humain l'avait touché cela avait été pour le tuer même si cette action avait été vaine. Loan recula de plusieurs pas.
- Je souhaite juste t'aider, dit-elle pour le rassurer.
- Je n'ai pas besoin de votre aide, persiffla-t-il.
Sa tête tournait toujours. Cela ne l'empêcha pas de s'éloigner de Loan en titubant.
- J'insiste, essaya Loan.
- Vous ne devriez pas !
- Ma conscience me dit que si, insista-t-elle.
- A la bonne heure !
Simon tituba jusqu'à une ruelle sombre à quelques mètres de lui. Il souhaitait fuir Loan afin de disparaître sans être vu mais cette dernière était toujours sur ses talons.
- S'il te plais laisse moi t'aider. Je pense que tu as fais une mauvaise chute et que tu es un peu déboussolé, dit-elle en examinant les détritus présents sur la robe de Simon.
La tête de Simon tournait tellement qu'il dû s'assoir. Loan s'assit à son côté.
- Ca va mieux ?
- Je crois, dit Simon sans conviction.
- Allez je te ramène chez toi. Viens.
Elle se leva et le tira par le bras. Il se laissa faire et se leva à son tour. Loan le conduisit jusqu'à sa voiture.
- Alors où est-ce que je te dépose ?
Dix huit rue Jules Verne. Ce sont les mots qu'entendit Simon. Finalement Dieu ne le laissait pas en plan.
- Dix huit rue Jules Verne, répéta Simon à Loan.
- Oh et bien ça alors ! nous sommes presque voisin et je ne t'ai jamais vu, s'étonna Loan.
- Je suis nouveau, lui rappela Simon.
Loan s'arrêta devant une vieille maison un peu délabrée.
- Tu vis ici ? s'étonna Loan. Cette maison a été abandonné il y a des dizaines d'années.
Simon regarda la demeure avec désolation.
- Oui j'ai décidé de la restaurer, inventa Simon.
Mais ce n'était pas vraiment une invention.
- Quel âge as-tu ? demanda Loan pour la deuxième fois.
- Vingt, dit Simon en apercevant ce chiffre sur la maison qui se trouvait à côté de la sienne.
Loan lui sourit. Simon s'intéressa plus à elle. Il lui était encore donné d'inspecter les âmes des humains. Celle de Loan était pure. D'une telle pureté qu'il n'aurait jamais cru possible qu'une âme d'humain le soi ainsi.
- J'ai quelque chose sur le visage ? demanda Loan en se passant la main sur le visage.
Simon détourna le regard.
- Non. Pardonnez moi. Ce que je viens de faire est fort impoli.
Loan rit.
- Tu as une drôle de façon de t'exprimer pour un garçon de ton âge.
Il sourit. Son premier sourire depuis bien longtemps. Alors les humains avaient la capacité de faire sourire les Anges ? ou était ce simplement les Anges déchus ?
- Et vous quel âge avez vous ? demanda soudainement Simon.
Elle replaça une de ses mèches blondes derrière son oreille droite.
- J'ai vingt deux ans, dit-elle.
- N'est-ce pas un peu jeune pour vous occupez de jeunes ?
- Depuis quand faut-il avoir un âge précis pour aider les autres ? s'emporta Loan. L'entraide devrait être l'affaire de tous. Moi quand je vois un gamin de quinze ans aider une personne âgée à traverser la rue je me dis que tout ce que je fais ne sert pas à rien...
- Calmez vous je vous en pris. Je suis entièrement de votre avis. Mais les hu... les personnes comme vous sont tellement rares.
- Simon l'inconnu... puisque tu ne veux pas me dire ton nom de famille. Je ne sais pas d'où tu viens mais saches que si tu as besoin de quoi que ce soit j'habite au numéro vingt deux.
- Merci infiniment, dit Simon en sortant de la voiture.
Loan redémarra sa voiture.
- Simon !
- Oui ?
- Tâche... tâche de t'habiller autrement si tu ne souhaites pas t'attirer des ennuies, conseilla Loan.
Simon acquiesça. Il se dirigea vers sa nouvelle maison. Elle était assez grande. Avec un étage. Il poussa la vieille porte en bois pourri. Elle grinça. Simon eu un mauvais pressentiment en entrant. Cet endroit devait grouiller de Démons. Il y faisait sombre à l'intérieur. Des couvertures étaient positionnées sur les fenêtres. Les espaces étaient vides. La poussière emplissait les lieux. Il se trouvait dans un couloir. A sa gauche un salon vide. A sa droite une cuisine vide elle aussi. En face de lui se trouvait un escalier. Il le gravit. Un grincement inquiétant accompagna son ascension. En haut il trouva deux chambres très spacieuses équipées toutes deux d'une salle de bain totalement vide elles aussi.
Alors soudain le lieu devint trop calme. Les grincements cessèrent. Simon scruta l'obscurité de ses yeux nyctalopes à la recherche de Démons.
Une gueule de vingt centimètres d'envergure possédant une bonne centaine de dents s'ouvrit devant le visage de Simon. Une haleine putréfiée s'immisça dans ses narines. Simon connaissait bien les Démons. Ils étaient sortis victorieux lors de sa dernière mission alors que lui avait échoué. Simon ne bougea pas d'un cheveu. Se contentant simplement de retenir sa respiration.
- Tu es dans ma demeure Ange. Je te conseille de partir.
Mais vu l'intonation de sa voix démoniaque cela n'était pas un conseille mais un ordre.
- Non je rectifie, dit Simon. Vous êtes dans ma demeure Démon et JE vous conseille de partir.
Le Démon émit un grognement qui aurait fait s'évanouir n'importe quel être humains. Simon soupira. Le Démon était un peu plus grand que lui. Squelettique. Recouvert d'une peau à vif et par endroit nécrosée. Son menton d'environ dix centimètres pointait vers l'avant. Ses quatre yeux en cercle posés sur son front tournaient sur eux-mêmes. Son nez n'était en réalité que deux orifices en plein milieu de la face. Il avait deux jambes et deux bras mais derrière son dos gesticulaient deux tentacules aux extrémités pointues.
- Ange ... grogna le Démon.
- Je me nomme Simon, le coupa Simon.
- Peut m'importe ton nom. Vas t'en !
Simon resta planté devant lui.
- Et vous Démon vous avez bien un nom ?!
- En quoi cela t'intéresserait-il ? grogna le Démon.
- Vous n'avez pas l'intention de vous en aller de ce lieu et moi non plus alors si nous devons cohabiter autant connaître le nom de chacun.
- Abomination ! jamais je ne cohabiterai avec un Ange.
- Alors il ne vous reste plus qu'à partir. Car je suis persuadé que vous ne vous risquerez pas à vous battre contre moi n'est-ce pas ?
Le Démon grogna de nouveau. Des craquements se firent entendre. Ses os bougèrent. Sa peau changea. Tout son corps changea. Des habits le recouvrirent. Une beauté humaine en total opposition avec Simon se retrouva face à lui. Une silhouette fine. Un visage aux traits fins et aux pommettes saillantes. Des cheveux de jais. Et des yeux aussi noir que les ténèbres.
- Je me nomme Lilith, dit la beauté démoniaque.
Simon eut un sourire narquois.
- Lilith ? l'un des premiers Ange déchu ? Lucifer ce serait-il lassé de vous? s'amusa Simon.
- Et toi ? Dieu ce serait-il lassé de toi ?
Un point pour elle. Simon fut piqué au vif.
- Pourquoi êtes vous ici ?
- Pour faire exactement le contraire de ce pourquoi tu es ici.
Voilà qui allait compliquer sa tâche.
- Je prends la chambre d'à côté, décréta-t-il.
Il était bien évidemment inconcevable autant pour l'un que pour l'autre de se battre. L'idée même de toucher l'autre les révulsait. Et il y avait un accord entre Dieu et Satan. Que les serviteurs de l'un ne touche pas aux serviteurs de l'autre. Bien sûr c'était déjà arrivé. Mais la sentence des deux rebelles avait été horrible. Le Démon s'est retrouvé coincé au Paradis à ne plus pouvoir faire de mal. Quand à l'Ange il pourrissait en Enfer le seul endroit où un Ange ne souhaitait pas se trouver.
- Mais... tenta-t-elle vainement.
Simon était déjà rendu dans la chambre d'à côté. Il réfléchit un instant. Puis, il se mordit le poignet droit. Il fit couler quelques gouttes de sang sur le sol. Tout se passa très vite. Les trous dans les murs et les sols disparurent. Un parquet flottant recouvrit le sol. Un papier peint bleu ciel recouvrit les murs. Un lit double apparut. Des draps et des couvertures sortirent de nulle part et le lit se fit tout seul. Une grande armoire avec des miroirs pour portes se dressa contre le mur sur sa droite. Et une petite commode s'installa à son côté. Simon leva les yeux au plafond. Un petit lustre apparut. Enfin un petit coup d'½il à la fenêtre et la couverture empêchant la lumière d'entrer disparut. Il regarda autour de lui et dans l'armoire et la commode pleines de vêtements. Il sourit, fière de son travail. Il se dirigea vers sa salle de bain. Il contempla son poignet. Il dut se remordre car la plaie s'était refermé. Deux gouttes de son sang argenté percutèrent le sol de la salle de bain. La salle de bain se transforma aussi rapidement que la chambre. Il déposa ainsi son sang dans toutes les pièces de la maison sauf dans l'autre chambre.
- Je peux savoir à quoi tu joues ? grinça Lilith.
- Je rends ce lieu vivable, aboya Simon.
- Il était très bien comme il était ! hurla Lilith.
- Alors pourquoi ne pas m'avoir arrêté avant que tout ne soit fait ?
En fait Lilith avait regardé Simon avec envie. Effectivement le sang argenté des Anges pouvait créer alors que le sang noir des Démons pouvait détruire.
Simon remarqua les yeux de Lilith rivés sur son poignet droit. Il comprit aussitôt. Beaucoup des Anges ayant quittés le Paradis pour l'Enfer ne souhaitaient qu'une chose : regagner le Paradis.
- Peut-être qu'un jour Dieu vous pardonnera Lilith, dit Simon en espérant le contraire.
- Je ne souhaite pas être pardonnée par Dieu, pesta Lilith.
- Oh et bien vous avez dû faire quelque chose de drôlement bienveillant pour que Lucifer vous en veuille ?!
- Il s'appelle Satan, rectifia-t-elle. Et ceci ne te regarde pas !
- Très bien Lilith ! s'énerva-t-il.
Leur dispute fut soudainement interrompu par quelqu'un qui frappa à la porte.
Lilith fronça les sourcils.
- Un humain sait-il que tu es ici ? grogna à moitié Lilith.
- Juste une humaine, dit-il gêné malgré lui.
- Vous les Anges vous avez un don incontestable pour attirer les humains comme des sangsues, chuchota-t-elle avec colère.
- Ce sont vous les Démons qui êtes des sangsues, balança Simon en se dirigeant vers la porte d'entrée.
On frappa de nouveau.
- J'arrive ! claironna-t-il.
- Non, j'arrive, rectifia Lilith en le poussant.
Simon s'éloigna d'elle brutalement. Elle avait osé le toucher. Quel sacrilège ! elle fut soudain elle aussi révulsée par son geste. Mais qu'est-ce qui lui avait prit bon sang ?
- Allez en Enfer, dit-il avec dégout.
- J'y compte bien, dit-elle en relevant la tête.
Elle ouvrit la porte. Sourire aguicheur aux lèvres.
- Oui ? demanda-t-elle agressivement à cette âme si pure qu'elle cru sur le coup avoir affaire à un autre Ange.
Mais elle était bien une humaine. Avec son sang rouge évoluant à une vitesse bien trop rapide dans ses veines.
- Je... commença-t-elle étonnée d'être face à une femme aussi belle et effrayante.
- Tu ? demanda insolemment Lilith sans prendre la peine de la vouvoyer.
En même temps elle ne prenait la peine de vouvoyer aucun être même pas Satan en personne. Elle le tutoyait aussi.
- Si ... Simon est-il là ?
- Et tu es ? cracha-t-elle.
- Oh ! pardonne moi ! je suis Loan Bruge, dit-elle en lui tentant sa main. Le numéro vingt deux, dit-elle ensuite pour expliquer sa venue qui semblait gêner la maitresse des lieux.
Elle non plus n'avez pas prit la peine de la vouvoyer. En fait Loan connaissait presque tout le monde dans le quartier. Et elle trouvait cela beaucoup plus conviviale de se dire « tu » surtout entre jeunes. Mais cela n'enlevait en rien le respect qui tintait dans sa voix lorsqu'elle s'adressait à quelqu'un.
Lilith fixa la main que Loan lui tendait avec dédain. Loan abandonna l'idée de serrer la main à cette inconnue après un long moment cependant.
- Si ... Simon est là ? demanda Loan hésitante.
- Tu lui veux quoi à Simon ? demanda Lilith avec une pointe de menace volontaire dans sa voix.
Elle savait pertinemment que lorsqu'un humain rencontrait un Ange il s'y accrochait comme à un dernier souffle de vie et cela sans que l'Ange n'ait à faire quoique ce soit. L'humain sentait inconsciemment l'aide précieuse que l'Ange était susceptible de lui apporter. Les Démons eux devaient jouer de leur charme démoniaque pour attirer un humain dans leurs griffes. Pour les amadouer.
Loan fit la grimace. Elle avait manifestement affaire à une petite amie jalouse et dérangée. Si cela se trouvait c'était elle qui avait jeté sur Simon les détritus qu'il avait sur lui lorsqu'elle l'avait rencontré. Il fallait qu'elle l'aide. Simon : cet être qui lui semblait si fragile.
- Je ... j'ai fais des cookies, dit Loan en tendant un assiette recouverte d'un papier d'aluminium.
- Des cookies ! s'exclama Simon en sortant de l'ombre.
Il avait suivit la scène avec attention. En fait il s'attendait à ce que Loan perde son sang froid et traite Lilith de tout les noms vu la manière à laquelle elle s'adressait à elle. Mais non. Elle était restée calme. Mais quand il avait entendu parler de cookies il n'avait pas pu s'empêcher d'intervenir. Il n'était pas nécessaire pour lui de manger. Mais il avait goûté une fois lors de sa dernière mission à des cookies. Et il en raffolait. Peut-être était-ce un des péchés auquel Dieu lui avait dit de ne pas succomber. Mais qu'importe. Des cookies !
Il attrapa l'assiette.
- Merci, dit-il à Loan.
Elle eu un large sourire.
Lilith baissa les yeux vers le sol. L'air exaspéré.
Simon commença à déguster un cookies. Lilith lui arracha des mains l'assiette et le cookies. Elle fourra le tout brutalement dans les bras de Loan.
- Ne ramène plus de cochonneries à Simon. Il est diabétique.
- Diabétique ?! s'étrangla Simon.
- Oh ! pardonnez moi je ne savais pas, dit Loan confuse.
- Moi non plus, marmonna Simon en foudroyant Lilith du regard.
Elle souriait avec dédain. Elle était plutôt fière d'elle. La pagaille commençait.
- Bon et bien au revoir, dit Loan en s'éloignant.
- Non attendez, l'appela Simon. Je ne suis nullement diabétique ce Dé... Lilith divague.
- Moi je divague ?! hurla Lilith. Tu es accros au sucre ! aurais tu oublié le coma que tu as fais dernièrement ? alors Loan je t'interdis de lui donner ces cochonneries à mon fiancé. A moins que tu souhaite le tuer bien évidemment.
- Mon fiancé ?! répéta Simon au bord de la syncope. Dites moi que je rêve !
Loan le regarda incrédule.
Lilith rentra dans la maison triomphante.
Je vais la renvoyer en Enfer, pensa Simon.
Il fonça dans la maison et claqua la porte derrière lui.
Loan fit la grimace. Elle rentra chez elle désolée avec son assiette de cookies.
- DIABETIQUE ? FIANCE ? hurla Simon.
- Oh ! l'Ange se met en colère, dit Lilith en faisant mine d'avoir peur.
- A quoi est-ce que vous jouez Lilith ?
- Je fais ce don pourquoi je suis là : mettre la pagaille !
Et détourner Simon de son droit chemin. Satan avait été clair. Il pardonnerait Lilith si elle lui ramenait l'âme pure d'un Ange en Enfer. Cela faisait trop longtemps qu'un Ange n'avait pas échoué en Enfer. Il en avait assez de se contenter d'âme humaine. Simon était un Ange certes. Un jeune Ange qui plus est. Mais il avait un tempérament de feu. Il ne comprenait pas pourquoi les humains aimaient détruire et surtout pourquoi Dieu s'obstinait à vouloir les aider. Pour Satan Simon serait un Démon parfait. Un Démon comme il n'en avait jamais eu.
- Dites, qu'est-ce qui va pas chez vous ? s'emporta Simon.
- Je suis un Démon Simon, élucida Lilith.
- Vous ne l'avez pas toujours été pourtant.
- Et alors qu'est-ce que cela change ? hurla Lilith.
- Vous avez été vulgaire et mal polie envers cette âme pure, dit Simon avec dégout.
- Nous y voilà, dit Lilith avec malice. Elle t'intrigue cette Loan, n'est-ce pas ? Son âme est si pure que l'on dirait presque celle d'un Ange.
- Vous l'avez remarqué aussi, constata Simon étonné.
- Effectivement ! et son âme appartiendra au seigneur de l'Enfer, décréta Lilith.
- Certainement pas ! rectifia Simon des éclairs dans les yeux.
Lilith se mit à rire. Après tout elle se moquait pas mal de l'âme de Loan. Mais la ramener avec celle de Simon ne lui donnerait que des bons points. Et puis il semblait que Loan intéressait particulièrement Simon. De ce fait s'en prendre à elle venait à s'en prendre à lui. Lilith voyait juste. Simon était devenu le protecteur de Loan à l'instant même où ils s'étaient rencontrés. Tout comme elle était devenue sa destructrice au moment où elle avait comprit.
La guerre était déclarée.


# Posted on Monday, 10 August 2009 at 6:46 AM

Alister Ange et ses histoires de fantômes

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# Posted on Monday, 10 August 2009 at 6:45 AM

délivrance

Je parcours les rues de la ville en essayant de croire que cela me permettra de surmonter ce drame. Mais croyance vaine. On ne peut pas recoller les morceaux. Les blessures sont ouvertes. Béantes. Il semble que rien ne peut les faire cicatriser. En tout cas pas le temps. La vengeance ? à quoi bon ? pour devenir l'identique de ceux qui vous ont fait du mal. J'ai longtemps espéré ma rémission. Sans succès. Je suis perdue à jamais dans l'obscurité de la peur et du désespoir. Je me nomme Lise Froge. Aujourd'hui, faute de trouver d'autres solutions, je m'en remets à Dieu ...
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# Posted on Saturday, 27 June 2009 at 1:12 PM

Vampire

Il parait qu'il y a le bien et le mal. Moi je dis qu'aucun de ces deux là n'existe. Les humains tuent des animaux pour se nourrir. Moi je tue les humains pour me nourrir. C'est ainsi fait. Bien entendu on choisit la chair la plus tendre.

Vous n'aurez qu'à m'appeler Céleste. Je ne suis pas sûr que ce soit mon prénom après tout. Je crois avoir été une humaine avant d'être devenue ce que je suis aujourd'hui. Nous allons jouer aux petites devinettes. Je suis allergique à l'eau bénite et aux croix. La lumière du jour m'est fatale. Le seule moyen de me tuer est de m'y exposer ou de me planter un pieu dans le c½ur. Vous avez deviné ? effectivement je suis une vampire. Vous avez peur ? j'espère pour vous.
Je voyage beaucoup. J'aime plus particulièrement les pays du nord. Non pas parce que ce sont des pays riches mais parce qu'il y fait nuit plus longtemps. Je ne sais pas exactement quel âge j'ai. J'ai vu passer les deux guerres mondiales. C'est tout ce que je sais. Avant je ne sais pas.

Figurez vous que dernièrement j'ai rencontré un vampire qui ne se nourrissait pas d'humain mais seulement d'animaux. J'ai été surprise et je n'ai pas compris sa décision malgré ses explications. Enfin bref. Vous aurez donc bien comprit que je suis votre pire cauchemar.

# Posted on Saturday, 20 June 2009 at 12:22 PM

Poisons ou poissons

Poisons ou poissons
Je nage, je nage
C'est beau l'eau
Les poisons sont beaux
Oh pardonnez moi
Les poissons sont beaux
Indulgence pour moi
Envie de tuer? Non !
Juste un cheveux sur ma langue
Ma fourche a langué
Ma langue a fourché
On n'est pas bien là ?
Dans l'eau
Je nage, je nage
Seul problème dans ce bon moment
Je ne sais pas nager
J'étouffe
Ça fait mal
Mais je nage, je nage
Je suis bien quand même avec tous ces beaux poisons
Il fait sombre
L'eau devient verte
Non maintenant marron
Plus de l'eau mais de la boue
Embourbé
Je suis bien là
On n'est pas bien là ?
Avec tout ces beaux poisons ?
Plus de cheveux sur ma langue
Pas poissons mais bien poisons

# Posted on Sunday, 15 March 2009 at 8:00 AM